2. L’entrepreneuriat social aujourd’hui
Un survol des doctrines l’entrepreneuriat social telles qu’elles apparaissent aujourd’hui permettra une mise en contexte de la proposition développée ici pour un entrepreneuriat social alternatif. Le propos n’est donc pas de synthétiser les études empiriques existantes ou les expériences rapportées ici et là, mais plutôt d’exposer les principales idées, conceptions, visions qui circulent sur l'entrepreneuriat social, bref la pensée sociale telle qu’elle semble s’exprimer généralement sur l’entrepreneuriat social. Ainsi les contributions de cette pensée à la thèse développée ci seront reconnues, mais aussi les enrichissements proposés seront mieux mis en évidence.
2.1 Aperçu historique
Depuis qu’il s’est imposé dans l’histoire comme mode de production dominant, le capitalisme n’a eu de cesse de susciter des réactions contre les effets de sa logique interne d’exploitation mondiale des peuples et des travailleurs. Avec les luttes ouvrières et la naissance du mouvement syndical, le socialisme « utopique » pré-marxiste des années 1820-1870 fut l’une de ces premières formes de résistance au capitalisme et il peut être considéré comme un ancêtre de l’entrepreneuriat social actuel. Le lecteur pourra facilement trouver sur Internet les conceptions des socialistes utopiques (Proudhon, Saint-Simon, Fourier, Owen). Dans cette même tradition on peut situer le mouvement coopératif qui naît vers 1895, le conseillisme d’après la 1ère guerre mondiale, et plus récemment le mouvement pour l’autogestion.
Aujourd’hui l’entrepreneuriat social connaît un bouillonnement si l’on considère la variété de ses dénominations. Il n’y a pas « un » entrepreneuriat social mais plusieurs variantes qui chacune à sa façon apporte une touche à une possible conception intégrée de l'entrepreneuriat social. Ainsi le commerce équitable promeut un système de distribution internationale qui élimine des intermédiaires inutiles et donne leur part aux producteurs avec un juste prix, des avances sur récolte et des débouchés stables. L’économie collaborative montre qu’une alternative est possible à la compétition féroce en mettant de l’avant une organisation du travail et de la consommation basée sur le partage, la mutualisation, les réseaux, les communautés, par exemple par le co-working, la co-location, le co-voiturage, etc. L’économie circulaire propose de produire en limitant la consommation de matières premières et d'énergie, et en favorisant la durée de vie et le recyclage. L’économie écologique se préoccupe avant tout de mesurer les effets sur le réchauffement climatique, le gaspillage, la pollution, la biodiversité. L’économie sociale et solidaire, le « social business », le « social capitalism » cherchent par une approche entrepreneuriale à satisfaire des besoins sociaux auxquels les entreprises capitalistes ne peuvent répondre.
Outre la diversité de ces expressions, l’engouement actuel pour l’entrepreneuriat social se manifeste de diverses autres façons. De grandes écoles (ESSEC en France, Harvard aux États-Unis) annoncent des formations et des chaires en entrepreneuriat social. Des fondations et des ONG proposent d’appuyer financièrement des entrepreneurs sociaux (ASHOKA, Skoll, Schwab, etc.). Des champions de l’entrepreneuriat social et des entreprises se qualifiant de sociales se regroupent dans des organisations nationales (MOUVES en France, Chantier de l’économie sociale au Québec) ou internationales (Réseau intercontinental de promotion de l'économie sociale solidaire RIPESS, Réseau africain de l’économie sociale et solidaire RAESS). Dans certains pays des lois sont votées (en France la loi Hamon de juillet 2014), et des ministères sont mandatés (comme au Sénégal) pour promouvoir l’économie sociale et solidaire.
Ce regain récent d’engouement pour l'entrepreneuriat social n’est pas un hasard, il trouve son origine dans la conjoncture économique et sociale. Il peut se comprendre comme une réaction obligée des classes populaires à la crise de l’économie capitaliste mondialisée qui a largement démontré son incapacité à résoudre les problèmes sociaux (chômage, pauvreté, exclusion, inégalités croissantes, gaspillages, destructions environnementales, etc.), et au désengagement de l’État providence promu par l’idéologie néo-libérale. Le peuple n’a alors d’autre choix que de compter sur lui-même et l’entrepreneuriat social est une forme concrète de sa résistance et de sa volonté prise en charge de son destin.
2.2 Unité et diversité
Il existe donc un mouvement historique et international de l'entrepreneuriat social, avec ses adeptes, son idéologie, ses organisations. Son unité tient à un trait commun qui caractérise tout ce mouvement : il vise à opérer un changement social en agissant, exclusivement ou au moins principalement, à la base de la société, sur le terrain économique, par opposition à une action plus directement ou uniquement sur le terrain politique. L’entrepreneuriat social intervient au niveau de l’infrastructure plutôt que de la superstructure de la société. L’objectif n’est pas de faire le changement social par le haut, donc de réclamer des interventions de l’État pour résoudre les problèmes sociaux, voire de prendre le contrôle du pouvoir d’État pour appliquer de nouvelles politiques. Désormais on prend l’initiative à la base, on se prend en charge et on s’organise soi-même sur le terrain même de l’économie, là où l’entreprise capitaliste a démontré son impuissance à répondre aux besoins réels de la majorité du peuple. L’entrepreneuriat social tend ainsi à créer des espaces de vie économique alternatifs meilleurs, une contre économie au sein de l’économie dominante, voire une contre société au sein de la société existante.
Mais sous ce trait commun, se révèle dans le moment présent, la diversité interne du mouvement, que révèle la quantité d’affirmations contradictoires. Dans le monde de l'entrepreneuriat social aujourd’hui, tout y est dit, et son contraire.
Profits ou pas de profits?
Pour certains, la finalité d’une entreprise sociale n’est absolument pas de faire des profits. Seule compte sa mission sociale ou environnementale. C’est une organisation humanitaire appliquant certes des méthodes de fonctionnement propres à l’entreprise capitaliste, mais dont elle se démarque du fait de son but non lucratif. Le moindre enrichissement est condamné. Pour d’autres au contraire, les profits ne sont pas incompatibles avec les bénéfices sociaux recherchés, mais à condition que ces bénéfices soient limités ou qu’ils soient toujours réinvestis.
Au service de la société ou de ses membres?
Pour certains, l’entreprise sociale est au service d’une « communauté », de segments de la population, généralement pauvres et vulnérables. Elle exprime une solidarité sociale externe. Pour d’autres, l’entreprise sociale n’existe que pour servir les besoins de ses membres qui se donnent des services mutuels : sa solidarité est d’abord interne, même si une contribution sociale externe n’est pas exclue.
Dans tout secteur ou certains seulement?
Pour les uns, le domaine d’activité de l’entreprise sociale se limite à ceux où il s’agit de répondre à des besoins non ou mal satisfaits par l’économie « régulière », par exemple l’insertion au travail, l’apprentissage, le logement social, l’égalité des chances pour des groupes fragilisés (handicapés, seniors, jeunes, femmes, petite enfance, etc.), l’inclusion financière, l’agriculture biologique, le recyclage. L’économie sociale se pratiquerait alors dans des domaines réservés peu rentables, parallèlement à la « vraie » économie, capitaliste. Pour d’autres, il n’y a, a priori, aucune restriction quant au secteur d’intervention, et toute entreprise est candidate à devenir sociale, même une entreprise minière ou pétrolière.
A l’initiative de héros ou d’une communauté?
Toute entreprise sociale trouverait pour les uns son origine dans l’initiative d’individus exceptionnels, les héros modernes d’un nouvel entrepreneuriat qualifié de social. C’est pourquoi plusieurs fondations supportent financièrement les entrepreneurs sociaux eux-mêmes et non les entreprises comme telles, afin que dégagés de leurs soucis économiques personnels, ils puissent mener sereinement leur projet. Pour d’autres, une entreprise sociale ne serait pas le fait d’un héros mais d’un groupe de citoyens, d’une « communauté » partageant un besoin ou un objectif commun et s’auto-organisant.
Coopérative ou société commerciale?
Pour les uns, le statut juridique d’une entreprise sociale serait nécessairement celui d’une entreprise collective, coopérative ou mutuelle, jamais celui d’une société commerciale, SARL (Société à Responsabilité Limitée) ou SA (Société Anonyme) par exemple. Ces derniers statuts seraient réservés à l’entreprise capitaliste. Toute coopérative serait même d’office une entreprise sociale, et c’en serait le seul critère. Pour d’autres, une entreprise sociale peut très bien s’accommoder de tout statut de Société à but lucratif.
Innovante obligatoirement?
Une entreprise sociale serait nécessairement innovante : par son offre, par les bénéficiaires visés, par son modèle économique, par les ressources utilisées, par son management, par son mode de financement. D’autres se suffisent du fait qu’elle soit socialement bénéfique, même si c’est en copiant sans imagination ce qui a déjà été fait ailleurs.
Démocratie ou finalité sociale?
Pour certains, le fonctionnement démocratique interne de l’entreprise sociale suffit pour la qualifier. Regroupant des personnes plutôt que des capitaux, elle se révèle démocratique du fait qu’elle appliquerait dans son processus de décision la règle formelle d’« un homme, un vote », en contraste avec le vote d’actionnaire pondéré selon l’apport en capitaux. Pour d’autres, ce qui compte avant tout c’est le résultat, c’est l’impact social de son action, non pas la démonstration d’un exercice de démocratie à la base.
Compatible avec le capitalisme ou alternatif?
À la question : « Où se situe l'entrepreneuriat social dans l’ensemble de l’économie capitaliste? », trois réponses sont données. Soit que l'entrepreneuriat social s’intègre tout à fait au capitalisme avec qui il coexiste et même le complète. Soit que l'entrepreneuriat social se présente comme une troisième voie entre l’entreprise privée et l’entreprise publique, chacune ayant sa place. Soit qu’il est le laboratoire de l’économie de demain, une façon d’entreprendre autrement, et d’avancer vers une nouvelle société.
2.3 Les saveurs de l’entrepreneuriat social
De ce survol des idées contradictoires répandues dans le mouvement de l'entrepreneuriat social, on pourrait tenter une première synthèse en distinguant diverses tendances qui y cohabitent. Les saveurs de l’entrepreneuriat social pourraient être les suivantes :
Les humanitaires.
La recherche de solutions aux problèmes sociaux les plus criants est le souci premier de ces entreprises sociales; de ce fait elles auront tendance à se restreindre à certains secteurs d’activité (employabilité, services aux handicapés, santé, etc.).
Les humanistes.
Ici c’est la promotion et la mise en application d’une éthique, de certaines valeurs (collaboration, partage, …) qui est l’objectif proclamé de ces entreprises sociales, par exemple le travail partagé, le covoiturage.
Les patriotes.
Ces entrepreneurs aiment avant tout leur pays et veulent participer à son développement en appliquant la devise : « produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons ».
Les démocrates.
La règle « un homme un vote » est ici la pierre de touche de ces entrepreneurs sociaux qui tendent à assimiler la démocratie à certaines règles formelles : on retrouvera ici les militants du mouvement coopératif.
Les localistes.
C’est la notion de territoire qui compte ici avant tout, une entreprise sociale est nécessairement locale, en proximité avec les communautés de base et les collectivités locales, et ne peut être nationale, voire internationale.
Les écologistes.
L’environnement est la passion de ces entrepreneurs sociaux pour qui les bons rapports avec la nature comptent plus que ceux entre les humains.
Les technologistes.
Ces entrepreneurs sociaux peuvent avoir l’une ou l’autre des fibres précédentes, mais à la condition que l’occasion leur soit donnée de démontrer leurs capacités d’innovation ou de prouesses technologiques, particulièrement dans le secteur des TIC.
Les champions.
C’est la personne du héros de l’entrepreneur social qui intéresse cette tendance, pour qui l’essentiel dépend du dévouement et de l’énergie d’individus exceptionnels qu’il s’agit d’appuyer.
Certes la réalité est plus complexe et telle entreprise sociale combinera de façon originale ces différentes saveurs de l'entrepreneuriat social. L’objectif ici n’est d’ailleurs pas une catégorisation stricte, mais d’y voir un peu plus clair par l’identification de tendances qui mettent évidence le biais, et donc l’apport, mais aussi les limites, de chacune d’elle.
Au fond le défaut majeur de chaque affirmation et tendance au sein du mouvement de l'entrepreneuriat social est de mettre en exergue une ou quelques aspects ou caractéristiques particulières de l'entrepreneuriat social, de confondre en somme la partie et le tout. Si la pensée courante sur l'entrepreneuriat social montre bien certains arbres, elle en oublie certains autres, et ne voie pas la forêt, et encore moins le paysage où s’insère la forêt.
2.4 Les silences de l’entrepreneuriat social
Un trait commun à toutes ces variantes est cependant ce dont elles ne parlent pas. Si elles disent des choses parfois similaires parfois différentes, elles ont toutefois en commun d’occulter certains sujets.
Le contexte historique.
Toute action sociale ne peut être efficace que si l’on sait d’où l’on vient, où nous en sommes aujourd’hui et quelles sont les tendances du moment. Or nous visons dans une société dominée par le système capitaliste, apparu au XVIIIème siècle après une longue gestation, et qui a depuis passé par différentes phases. On ne peut comprendre correctement la signification et les défis de l’entrepreneuriat social si on ne connaît ni ce qu’est la substance même du capitalisme, ni son contexte historique global dans le moment présent. L’analyse la plus achevée, et du moins la plus pertinente pour les pays du Sud, est celle de Samir Amin, qualifiant la phase actuelle (depuis 1975 en gros), de capitalisme des monopoles généralisé mondialisé et financiarisé, et d’impérialisme collectif de la triade (États-Unis, Europe, Japon). Les discours courants de l’entrepreneuriat social dénoncent certes le néo-libéralisme et ses méfaits, mais les liens avec les réalités du capitalisme existant sont généralement ténus.
Le « sous-développement ».
Un des effets de la mondialisation capitaliste est justement la polarisation à l’échelle mondiale, c’est-à-dire des écarts grandissants entre un Nord minoritaire opulent et un Sud majoritaire en appauvrissement continu. L'entrepreneuriat social peut-il ignorer cette réalité qui domine la réalité mondiale? N’est-il pas évident qu’au Sud comme au Nord d’ailleurs, le lien doit être fait avec la problématique d’un véritable développement économique des 85% de l’humanité?
Le financement.
Pourrait-on concevoir une finance sociale autre que la finance dénommée avec pudeur de « conventionnelle » ou de « classique »? Suffit-il que cette finance capitaliste (puisqu’il faut bien appeler un chat un chat), appuient des entreprises sociales pour qu’elle devienne une finance sociale? Quelles institutions, quels modes de financement, autres que celles et ceux de la finance capitaliste seraient alors en cohérence avec une approche sociale de l’entrepreneuriat?
Le statut juridique.
L’entreprise sociale devant être formalisée, le débat ne porte que sur le choix à faire au sein de l’arsenal juridique existant conçu uniquement dans le contexte capitaliste. Ne pourrait-on pas concevoir un statut nouveau correspondant à la réalité de l’entreprise sociale?
La démocratie entrepreneuriale.
Il suffirait que l’entreprise soit collective pour que son caractère démocratique soit consacré. Or à côté d’institutions démocratiques dans la forme, n’y a-t-il pas aussi des relations sociales concrètes qui peuvent être plus ou moins démocratiques, et dont la notion de démocratie participative veut rendre compte?
L’éthique.
L’analyse de la réalité montre les possibilités et les limites de l’action efficace à un moment donné. Il reste ensuite aux humains de décider. Mais en fonction de quels principes, de quelles valeurs, de quelles règles de comportement? Bref, quelle éthique serait en cohérence avec l’entrepreneuriat social?
2.5 Vers une convergence
Avec la générosité de ses défenseurs, avec sa diversité à respecter, et malgré ses lacunes, le mouvement de l’entrepreneuriat social est riche d’expériences et constitue une source abondante où puiser l’inspiration et pour stimuler l’imagination dans la recherche des voies d’un progrès social et démocratique. Mais c’est aussi servir ce mouvement que de dire que cette diversité est aussi sa faiblesse par la dispersion et la confusion qui en résultent, presque tout y étant dit et son contraire. De ce fait, le mouvement de l’entrepreneuriat social, bien que porteur d’une grande espérance, demeure fragile, inoffensif pour les dominants de ce monde, et marginal (même si les chiffres sont parfois gonflés par une définition laxiste de l’entrepreneuriat social).
Une conception plus synthétique, plus achevée, plus convergente renforcerait le mouvement de l'entrepreneuriat social pour qu’il s’impose davantage comme une véritable voie et une stratégie efficace de transformation sociale. C’est le défi que tente de relever le présent essai, en proposant, autant pour la débattre que pour l’expérimenter, une vision de l’entrepreneuriat social, que l’épithète d’alternatif est proposé pour le distinguer des autres sensibilités de l’entrepreneuriat social
Il s’est donc agi pour l’auteur de réfléchir sur les apports des diverses tendances et expériences de l'entrepreneuriat social, dans les limites du moins de ses connaissances, puis de les intégrer de façon critique, sans collage éclectique, certains apports pouvant être plus intéressants par la question posée que par la réponse donnée. Par ailleurs sa pratique propre d’entrepreneur social et ses recherches personnelles dans divers domaines (philosophie, sciences sociales), ont été sources de nouvelles connaissances.
Il en est résulté la vision de l’entrepreneuriat social proposée ici, toujours teintée du souci d’une applicabilité pratique. Car une théorie de l’entrepreneuriat social ne se justifie pas d’abord par un souci de satisfaction intellectuelle, mais parce que, selon la formule connue, il ne s’agit pas d’interpréter le monde en philosophe, mais plutôt de le transformer. Or si les rapports de force entre groupes et classe sociales sont le moteur du changement, pour agir sur ces rapports de force, il faut rassembler les forces sociales susceptibles d’être les sujets de l’histoire, construire des organisations combatives pérennes, réaliser des faits accomplis et mener des actions. Mais pour cela, il faut d’abord avoir les idées claires, savoir où l’on va et comment on y va, bref avoir une vision et une stratégie, déclinées en un programme et un plan d’action précis. C’est la condition pour être l’auteur de son devenir, et l’être de façon consciente et volontaire. Une conception achevée de l’entrepreneuriat social peut donner un tel guide pour l’action, du moins dans la sphère qui lui est propre, en indiquant comment créer, gérer, faire croître, diriger des entreprises sociales, dans la perspective de contribuer à un profond changement social global. Certes la vie ne réduit jamais à l’exécution d’un plan prédéfini, mais pour pouvoir modifier un plan selon les circonstances, il faut déjà en avoir un.
Attachons-nous maintenant à décrire en détail ce qu’est une entreprise sociale alternative.