Sur la base de la méthodologie qualitative alliant données de terrain et documentation, cet article vise, à travers une étude au sein du syndicat RESAFIG (Renouveau syndical des agents des Finances générales), à comprendre les processus sociaux de légitimation de la technique de vote à l’œuvre dans les organisations syndicales en Côte d’Ivoire. De manière spécifique, elle montre, au prisme de la théorie de la légitimité organisationnelle, que les contraintes internes et externes au syndicat induisent le maintien du vote physique, bien que cette technique produise un faible taux de participation électorale et un recul démocratique. Sur cette base, l’analyse conclut, d’une part, que la satisfaction par les dirigeants syndicaux des attentes socio-corporatistes des syndiqués est la source légitimant le contournement du vote électronique. D’autre part, des responsables syndicaux intimidés et punis par l’État du fait des revendications corporatistes phagocytent indirectement l’engagement politique des syndiqués, ce qui traduit leur indifférence à l’égard du maintien du vote physique.